Jean-Louis Gibault, ancien attaché parlementaire, a récemment fondé l'association "Les Paillassons de la République" au Pays basque, après avoir remporté une action en justice contre sa sénatrice employeuse pour harcèlement moral. Explorez avec nous cette initiative qui vise à protéger des collaborateurs parlementaires souvent isolés et vulnérables face à des employeurs peu scrupuleux.
L'association tire son nom d'une expression symbolique illustrant le mépris dont souffrent ces employés : "On s'essaie les pieds sur nous". Jean-Louis Gibault, qui a vécu des situations complexes au sein du cabinet de la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam, aspire à mobiliser et aider les collaborateurs victimes de harcèlement au sein de la sphère politique.
Dans son ouvrage à venir et au cours de campagnes de sensibilisation, l'association souhaite lever le voile sur un environnement politique souvent décrit comme violent, où la souffrance au travail est un sujet tabou.
Un cadre législatif insuffisant
Les défis auxquels sont confrontés ces employés sont exacerbés par l'absence de conventions collectives spécifiques, ce qui les laisserait exposés à diverses formes d'abus. "Nous sommes trop souvent assimilés à du personnel de maison, malgré notre engagement et notre dévouement", explique Gibault. Les témoignages de plusieurs membres montrent une réalité partagée de maltraitance au travail, avec des histoires similaires provenant d'autres ex-collaborateurs.Frédérique Espagnac, sénatrice PS des Pyrénées-Atlantiques, a également été condamnée pour le harcèlement moral de Véronique Robert, membre de l’association, tandis que Laëtitia Redonet a déposé plainte pour harcèlement sexuel contre l'ancien député Benoît Simian, mettant en lumière le fait que ce fléau ne connaît pas de couleur politique.
Briser le silence
Gibault témoigne de la difficulté pour les victimes de se faire entendre au sein d'un microcosme parlementaire souvent silencieux. "Je connaissais de nombreuses humiliations, mais personne ne semblait réellement attentif", déclare-t-il, appelant à une véritable réaction de la part des instances parlementaires.
"Nous ne faisons pas d'antiparlementarisme. Au contraire, nous croyons en un parlement propre et respectueux des droits de ses employés", affirme-t-il.
L'association encourage fortement les victimes à parler et propose un accompagnement pour ceux qui souhaitent partager leur histoire. En rassemblant ces expériences, "Les Paillassons de la République" ambitionne de donner une voix à ceux qui ont trop longtemps été réduits au silence.







