"Mauvais perdant" ou véritable souci ? Gérard Simon, président d'une association de passionnés de la chasse au trésor La chouette d'or, a comparu ce mardi à Strasbourg pour des accusations de diffamation, après avoir émis des critiques sur l'organisation de cet événement emblématique qui a pris fin en octobre 2024.
Il a exprimé sa surprise face à la déclaration de Michel Becker, l'organisateur de la chasse, qui a annoncé que la cache avait été découverte dans le village de Dabo, en Moselle. Selon Simon, cette région a été explorée maintes fois depuis le début de ce jeu de piste mythique créé par Régis Hauser, connu sous le pseudonyme de Max Valentin, décédé en 2009.
"Les solutions proposées m'ont semblé déroutantes", confie cet ancien professeur de mathématiques, arborant un polo vert portant le logo d'un rassemblement de "chouetteurs". Ses réserves s'étendent également au nouveau gagnant, qu'il décrit comme une "personne anonyme et peu ouverte", soulignant qu'un vrai gagnant d'une chasse au trésor de cette ampleur devrait être fier de montrer son visage.
Accusé de diffamation pour avoir exposé ses préoccupations en ligne dans le forum de son association, il a soulevé de sérieuses accusations, notamment "d'escroquerie en bande organisée". D'autres commentaires de sa part qualifiant le jeu de "farce" ont également été remis en question.
Le président du tribunal, Michaël Da-Lozzo, l’a interpellé sur la possibilité que ses propos soient le fruit d'une frustration après trois décennies de recherches sans succès. "Il existe effectivement beaucoup de mauvais perdants parmi les joueurs", a répondu Simon, convaincu que des interrogations imposantes subsistent autour de la résolution du mystère.
Pour l’avocat de Michel Becker, Me Lionel Vest, les déclarations de Simon ont eu un impact dévastateur. "La découverte de la chouette d'or devait être un moment exceptionnel, mais elle a été ternie par des accusations de complot largement injustifiées", a-t-il déclaré, précisant que la contestation de Simon a eu lieu juste avant la sortie en salle d’un film dévoilant les solutions de l'énigme.
Vest a même affirmé que cet acte visait à nuire à l'image de Becker, ce qui a conduit à l'annulation d'une seconde chasse au trésor. "Sa crédibilité est désormais compromise, car le public le perçoit comme un escroc", a-t-il ajouté.
Il demande donc 817 000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice subi par la société éditrice, ainsi que 300 000 euros pour les conséquences personnelles sur la vie de Becker, qui souffre maintenant d'anxiété et de troubles du sommeil.
De son côté, Jean-Baptiste de Gubernatis, l'avocat de Simon, défend la position de son client en affirmant que ses commentaires étaient simplement informatifs et relèvent de l'opinion. Il a plaidé pour sa relaxe, insistant sur le fait que Simon n’a pas de ressentiment personnel envers Becker, le qualifiant même d’ami.
Dans une note plus personnelle, Simon a montré une dédicace de Becker dans l’ouvrage "Sur la trace de la chouette d’or", prouvant qu'il admire encore le travail de l’organisateur. La décision du tribunal sera rendue le 15 septembre, laissant les passionnés en attente d'un dénouement.







