Jean-Dominique Senard, président de Renault depuis 2019, a confirmé qu'il ne sollicitera pas un troisième mandat et quittera ses fonctions en 2027, après un mandat de huit ans. À 73 ans, ce départ marque un moment crucial pour le constructeur automobile, qui a réussi à redresser sa situation et à reprendre la première place sur le marché français.
Selon des sources proches du dossier, le groupe a annoncé que le mandat de Senard se terminera lors de l'assemblée générale du printemps 2027. Bien que la limite d'âge pour débuter un mandat soit de 72 ans, Renault aurait pu envisager un prolongement, comme l'indique La Tribune.
Appelé à la rescousse début 2019 suite au départ tumultueux de Carlos Ghosn, accusé de malversations à Tokyo, Senard a su apporter une approche diplomatique nécessaire à une entreprise en crise. Alors qu'il était à la tête de Michelin, il a pris les rênes de Renault à un moment où l'image de la société avait souffert.
Son mandat a été marqué par plusieurs défis, notamment la crise sanitaire qui a frappé l'industrie automobile. En mai 2020, Renault a annoncé un plan d'économies drastique, incluant la suppression de 15 000 emplois à l'échelle mondiale, tout en se retirant du marché chinois. Toutefois, les stratégies de Senard ont porté leurs fruits, avec un retour à l'innovation, tel que le lancement de la R5 électrique prévu pour 2024, ainsi que la Twingo électrique récemment dévoilée.
En 2025, Renault et sa filiale Dacia ont pris la tête des ventes en France, atteignant 26,36 % de part de marché, surpassant les 25,79 % de Stellantis, regroupant des marques comme Peugeot et Fiat. Le tournant vers l'électrique s'est également accéléré, représentant 32 % des ventes de voitures de Renault au premier trimestre 2026, dépassant ainsi la moyenne du marché de 28 %.
Cependant, cette transition a eu un coût pour le groupe. Sa marge opérationnelle a chuté à 6,3 % en 2025, contre 7,6 % en 2024, en raison de la plus grande part des voitures électriques, réputées moins rentables que les véhicules thermiques. En outre, Renault a enregistré une perte nette de 10,9 milliards d'euros en 2025, owing à une révision de la valeur de ses participations dans Nissan.
Le départ de Jean-Dominique Senard soulève des questions sur l'avenir de Renault et sur la direction que prendra le groupe dans un secteur en pleine mutation. Les expert·e·s s'accordent à dire que son héritage sera jugé selon la capacité de l'entreprise à maintenir son élan innovant et sa position sur le marché mondial.







