À partir de vendredi, les investisseurs s'engagent dans l'univers de SpaceX, rêvant d'intelligence artificielle (IA) dans l'espace et d'hommes sur Mars. Mais ce pari ambitieux s'accompagne de droits de vote limités et de potentialités de pertes annuelles considérables.
- L'ascension de Musk -
Elon Musk est perçu comme un visionnaire, sa réputation bâtie sur des réussites notables comme Tesla et SpaceX. Ces exploits lui confèrent une aura unique dans le secteur des technologies innovantes, en transformant des concepts futuristes en realistés industrielles. Avec une valorisation atteignant près de 1.800 milliards de dollars, SpaceX repose sur l'espoir que ces succès continueront à porter l'entreprise vers de nouveaux sommets.
Actuellement, alors que SpaceX connaît une croissance rapide, elle continue d’afficher des pertes significatives. À un tel tarif, l’action se traderait à environ 94 fois le chiffre d'affaires prévu pour 2025. Morningstar estime, quant à elle, que la valeur réelle de l’entreprise s’élève à 780 milliards de dollars, soit près de la moitié de la valorisation actuelle.
La hausse du chiffre d'affaires, établi à 18,7 milliards de dollars en 2025, ne compense pas la montée des coûts, entraînant une perte nette de 4,9 milliards. Pour le premier trimestre 2026, SpaceX a déjà enregistré une nouvelle perte de 4,3 milliards.
Les ambitions de l'entreprise incluent un marché total de 28.500 milliards de dollars, un chiffre qui rappelle l'ampleur du PIB des États-Unis. SpaceX attend de son service d’accès internet par satellites, Starlink, et de ses centres de données en orbite grâce à sa branche xAI, de générer des revenus considérables. Cependant, cette dernière peine face à des concurrents comme OpenAI, affichant des revenus de seulement 500 millions de dollars.
- Un contrôle assuré par Musk -
Malgré l’afflux d’actionnaires, Elon Musk conservera le contrôle total de SpaceX. Les petits investisseurs se verront attribuer des actions de catégorie A, leur donnant une voix chacune. En revanche, Musk, propriétaire d’actions de catégorie B, bénéficie de 10 voix, lui permettant de redéfinir les décisions de l'entreprise.
Ce modèle, utilisé par d'autres géants technologiques comme Google et Meta, permet aux fondateurs de maintenir le cap stratégique même après l’introduction en bourse.
- Une forteresse juridique -
Rattrapé par de nombreuses plaintes à l'encontre de Tesla, Musk a conçu SpaceX comme une citadelle juridique. Tout litige devra être porté devant un tribunal de commerce au Texas. En cas de refus, le litige sera envoyé en arbitrage privé, rendant difficile les recours collectifs pour les actionnaires.
Bien que le document d'introduction mentionne un risque potentiel d'invalidation de ces clauses, pour l’heure, cette règle perdure.
- Ouverture aux particuliers -
Pour séduire ses admirateurs, SpaceX a décidé de réserver 30% de ses actions pour des investisseurs particuliers. À l’opposé des introductions classiques où les grands fonds prennent le contrôle, cette initiative permet à un public plus large de prendre part à l'aventure.
Cela pourrait également entraîner une volatilité accrue du titre : une demande massive pourrait faire flamber le prix de l'action.
- Un mécanisme d'achat inévitable -
Plus de 60% des actions américaines sont détenues par des fonds passifs qui suivent des indices comme le Nasdaq. Ce dernier a récemment modifié ses règles pour inclure des entreprises d’énorme capitalisation comme SpaceX en à peine 15 séances. En conséquence, ces fonds devront réajuster leurs portefeuilles, générant ainsi une demande massive d'actions SpaceX, alors que seulement 4% du capital sera mis sur le marché, créant inévitablement une pression à la hausse sur le prix des titres.







