Le rapport confidenciel met en lumière des notes de frais injustifiées, des achats immobiliers extravagants, ainsi que des manquements dans la gestion de cette institution régulatrice qui est censée veiller à l’intégrité de la profession médicale.
Avec 341.000 médecins inscrits qui doivent s'acquitter d'une cotisation, l'Ordre des médecins dispose d'un budget annuel d'environ 111 millions d'euros. Pourtant, l'IGF dénonce des ressources mal employées et une gestion jugée opaque.
Frais de transports non plafonnés
Les dépenses de transport, par exemple, ne sont pas encadrées, permettant à une conseillère de dépensé 15.000 euros en taxis pour l'année 2024. De plus, l’IGF pointe que certains achats, comme des bouteilles de vin ou des cadeaux, manquent de justification.
Les inspecteurs indiquent que les justificatifs de notes de frais ne facilitent pas la traçabilité des dépenses liées aux missions exercées.
Ils soulignent également que l’organisation d'événements a coûté cher, avec des dépenses atteignant 3,1 millions d'euros entre 2022 et 2025.
Défaut de contrôle
Les inspecteurs mettent en cause un défaut de surveillance de la part des conseils départementaux sur ces dépenses. Parmi les dépenses problématiques, on trouve l'achat d'une villa de 1.200 m² avec piscine pour 3,9 millions d'euros, alors que seulement sept personnes y travaillent.
Les missions de l’Ordre, telles que le traitement des plaintes, sont inégalement réalisées. Comme l'indiquent les inspecteurs, "le traitement des signalements ne garantit pas la poursuite des infractions déontologiques".
Ils estiment qu'une réforme structurelle est urgente pour codifier les procédures de gestion.
Parmi les recommandations de l'IGF, il est urgent de restructurer l'Ordre sous une entité unique, de centraliser la gestion des ressources, et d'inclure davantage les patients dans son fonctionnement. Le rapport critique également une gouvernance opaque, laissant planer des doutes sur la sécurité des patients.
Pour conclure, le Conseil national de l'Ordre des médecins a, pour l'instant, choisi de ne pas commenter les résultats de cette enquête, invoquant le respect des procédures en cours.







