Avec le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, l'avenir économique des États-Unis et même celui du monde se dessine de manière sombre. Les analystes montrent, ces derniers jours, un souci grandissant face aux répercussions de cette crise internationale. Joseph Stiglitz, ancien économiste en chef de la Banque mondiale et récipiendaire d'un prix Nobel, affirme que "les États-Unis sont plus que jamais vulnérables à une stagflation", rappelant les chocs pétroliers des années 1970.
"Le risque de stagflation semble assez élevé pour les États-Unis", a-t-il déclaré à l'AFP, soulignant que les politiques économiques de l'ex-président Trump avaient déjà affaibli l'économie américaine.
Hélène Baudchon, cheffe économiste adjointe chez BNP Paribas, abonde dans ce sens : "Plus le conflit perdure, plus la flambée des prix du pétrole impactera l'économie. Les perturbations des chaînes d'approvisionnement pourraient également aggraver les effets inflationnistes, touchant davantage que le seul secteur pétrolier". Dans un tel cadre, les banques centrales seraient amenées à intervenir, pénalisant ainsi l'économie mondiale.
Moody's souligne une probabilité de récession accrue
Le climat se détériore pour l'économie américaine, et les voix s'élèvent concernant le risque de récession. Mark Zandi, économiste en chef chez Moody's, estimait avant le conflit que le risque de récession était déjà de 49% pour les 12 prochains mois. "La récente hausse de ce risque est attribuable à la faiblesse du marché du travail, mais presque toutes les données économiques montrent une tendance à la baisse depuis la fin de l'année dernière", explique-t-il.
"Il n'est pas exagéré de penser que le risque de récession pourrait dépasser 50% à cause de la guerre en Iran et de la hausse des prix de l'énergie", poursuit Zandi, relevant que chaque récession post-Seconde Guerre mondiale, à l'exception de celle liée à la pandémie, a été précédée d'un pic des prix du pétrole.
Une perspective contrastée entre les experts économiques
Pour donner un sens à ces tendances, le baril de Brent, référence internationale du pétrole, affichait une hausse de plus de 4% récemment. Selon Zandi, si les prix du pétrole demeurent élevés, une récession serait difficile à éviter. Cependant, des économistes, comme ceux d'Oxford Economics, avancent que les prix devraient atteindre 140 dollars le baril pendant deux mois pour plonger l'économie en récession. En revanche, Goldman Sachs prédit une probabilité de récession de seulement 25%, tandis que JP Morgan la fixe à 35% avant même le début des hostilités en Iran.







