Depuis le lundi 16 mars, les salariés de Suez Recyclage et Valorisation, responsables de la collecte des déchets dans 38 communes d'Amiens Métropole, sont en grève pour s’opposer à un projet de réorganisation de leurs horaires. Cyril, un ripeur avec quinze ans d'expérience, exprime ses craintes : "Ça fait 15 ans que je suis ripeur, je ne veux pas changer de rythme". En effet, le changement proposé abandonnerait les tournées exclusivement matinales pour prévoir des collectes l'après-midi, ce qui déséquilibrerait leur quotidien. "Nous avons bâti nos vies autour de ces horaires. C'est essentiel d'être présents le matin pour récupérer nos enfants à l'école", souligne-t-il.
Thomas Dubelloy, membre élu au CSE de Suez Hauts-de-France, ajoute : "Actuellement, les collectes se font le matin, mais d'ici juin, une nouvelle répartition pourrait forcer certains à travailler l'après-midi". Les travailleurs sont en effet inquiets de devoir changer leurs habitudes de vie qui sont bien ancrées. Bruno, un collègue d’un département voisin, partage son soutien aux grévistes : "On voit ce genre de décisions, sans consultation, à tous les niveaux du groupe. Ce qui se passe à Amiens en est un reflet symptomatique". Pour lui, la situation actuelle est alarmante, surtout avec l’arrivée probable de nouvelles politiques d’économie de la part de l’entreprise alors que le renouvellement du contrat public approche.
Les travailleurs comprennent que la direction tente de trouver des solutions pour réduire les coûts face à la diminution des ressources des collectivités. "On sait que les collectivités ont de moins en moins de moyens et que les entreprises essaient de s'adapter", déclare Dubelloy, tout en soulignant la volonté d’ouvrir un dialogue constructif. "Nous n'avons pas encore trouvé d'accord, mais nous faisons des propositions". Cependant, l'absence de mesures concrètes incite les salariés à persévérer dans leur mouvement. En plus de leur revendication contre le changement d'horaires, ils réclament également une augmentation de 2% des salaires, une prise en compte des jours fériés et un décompte des journées de solidarité.







