Ce week-end, le Printemps du cinéma fait son grand retour en offrant des séances à 5 euros dans toutes les salles de France. Une initiative qui vise à redynamiser l'intérêt des spectateurs pour les salles obscures, notamment auprès des jeunes et des familles. Cependant, tous les cinémas ne profitent pas de la même manière de cet événement, et surtout, les cinémas indépendants et d’art et essai se trouvent à des réalités très variées.
« Cette opération de ticket à petit prix a pour objectif d'attirer de nouveaux publics, mais les cinémas indépendants doivent composer avec des tarifs déjà inférieurs à la moyenne », déclare Béatrice Boursier, déléguée générale du syndicat des Cinémas d’Art, de Répertoire et d’Essai (Scare). À cet égard, certains établissements, comme l’American Cosmograph à Toulouse, choisissent de ne pas y participer car ils offrent déjà des tarifs plus accessibles, tels que 4,50 euros.
Un élan de visibilité inattendu
Cependant, cette initiative permet aux salles de bénéficier d'une visibilité non négligeable. Grâce à une vaste campagne de communication orchestrée par la Fédération nationale du cinéma français, les exploitants espèrent attirer un nouveau public. Célia Olivié, directrice du cinéma Le Saleys à Salies-de-Béarn, confie que « le Printemps du cinéma produit systématiquement un afflux d'un public qui ne fréquente les salles que quelques fois par an ». Elle souligne que les salles indépendantes préparent leur programmation pour maximiser l'impact de l'événement.
Au Cinéma Star à Strasbourg, la coprogrammatrice Charline Tabaraud a observé un intérêt croissant pour les films à programmer. « Nous choisissons des titres qui captiveront l’audience, comme Marty Supreme et Alter Ego », explique-t-elle.
Des adaptations nécessaires
Pour ce Printemps, les salles modifient leurs programmes pour attirer toutes les tranches d'âge. La directrice Olivié souligne qu'elles ont renforcé leurs équipes pour faire face à l'afflux de spectateurs. Les exploitants savent que le résultat dépendra aussi de l’intérêt manifesté par les jeunes de 15 à 25 ans, un public souvent réceptif aux offres attractives. « Nous espérons ainsi insuffler une nouvelle habitude de fréquentation auprès de nos concitoyens », ajoute Béatrice Boursier.
En 2025, cette opération a permis d’engendrer 2,2 millions de ventes de tickets, une tendance à suivre pour cette nouvelle édition. Toutefois, plusieurs facteurs, comme le contexte électoral actuel, pourraient en influencer les résultats. Les exploitants restent optimistes et invitent le public à redécouvrir le cinéma sur grand écran, tout en profitant d'une sortie à petit prix.







