Est-il possible d'apaiser les tensions ? Après des joutes de droits de douane et une négociation délicate pour une détente, les États-Unis et la Chine s'interrogent sur la mise en place d'un nouveau cadre régissant leurs échanges économiques.
Pour certains analystes, cette initiative pourrait biaiser la concurrence libre. Pour d'autres, elle représente une opportunité d'établir une cohabitation pacifique entre ces deux géants économiques.
Quel est l'objet de ces discussions ?
Lors d'une réunion qui s'est tenue à Paris les 15 et 16 mars, des responsables économiques américains et chinois ont discuté de la création d'un "Comité de commerce". Jamieson Greer, représentant de l'USTR, a décrit ce mécanisme comme "hybride", visant à clarifier quels produits les États-Unis peuvent exporter vers la Chine, et vice-versa.
Ce comité pourrait aussi se pencher sur des voies pour augmenter le commerce de produits non sensibles et envisager une réduction des droits de douane pour les secteurs jugés non stratégiques.
Wendy Cutler, vice-présidente de l'Asia Society Policy Institute, ajoute que cela pourrait débloquer des engagements d'achat chinois en matières de produits agricoles, énergie et aéronautique, comme le souligne Le Monde.
Un nouvel horizon ?
Pour certains économistes comme Chad Bown du Peterson Institute for International Economics, ce changement pourrait inaugurer une forme de "commerce régulé". Il rappelle qu’au cours des années 1980, le Japon avait volontairement limité ses exportations de voitures vers les États-Unis. Des témoignages du passé soulignent qu'il est crucial de redéfinir cette dynamique, encore plus dans un contexte de défis économiques mondiaux.
Cependant, la méfiance persiste. Des experts mettent en garde contre une bureaucratisation des échanges. Joerg Wuttke, consultant chez DGA-Albright Stonebridge Group, alerte sur le fait que cette approche pourrait nuire à la compétitivité des entreprises et se demanderait :
"Où sont les lois du marché ?"Selon lui, un système trop rigide pourrait entraver l'initiative privée et reléguer d'autres pays au second plan.
Une entreprise américaine a aussi soulevé des questions sur la manière dont le gouvernement déterminerait les priorités et secteurs privilégiés dans ce dispositif.
Une relation commerciale améliorée ?
Chad Bown pense qu'une telle initiative pourrait offrir des résultats plus positifs que précédemment, facilitant la résolution des différends commerciaux. Il soutient que
"l'ancien système ne fonctionnait pas. Il vaut mieux essayer autre chose".Cela dit, l'expertise des deux parties sera clé pour qu'un accord commun soit viable et productif. Les enjeux à l'horizon sont plus complexes et requièrent un engagement sincère et réaliste des deux signataires.







