Les salaires continuent d'alimenter les discussions. Alors que la guerre contre l'Iran affecte directement le niveau de vie des travailleurs israéliens, le site d'information économique Bizportal souligne que certains agents publics échappent à la crise.
Les salaires de l'Israel Electric Corporation (IEC) font régulièrement grincer des dents, avec un salaire moyen représentant le double de celui du reste du pays. Selon Bizportal, "Alors que des centaines de milliers d'Israéliens souffrent, la 'fête des salaires' à l'IEC se poursuit normalement. Le coût moyen d'un employé s'élève à 37.000 shekels par mois (10.236 euros)".
Pour l'IEC, la masse salariale a atteint 4,9 milliards de shekels, alors que ses effectifs sont passés de 10.777 à 11.090 employés, avec un salaire brut moyen entre 30.000 et 32.000 shekels (entre 8.300 et 8.850 euros). Les dirigeants, quant à eux, touchent environ 1,5 million de shekels (415.000 euros) par an. S'ajoutent de nombreux avantages, y compris l'électricité gratuite, bien que cela ait été supprimé pour les nouvelles recrues.
Départs en retraite anticipée
La polémique sur les salaires des employés de l'IEC est persistent, surtout que la rémunération moyenne inclut des employés expérimentés, tandis que les jeunes et temporaires perçoivent des salaires plus modestes. Cela fait des années que cette situation est dénoncée, notamment pour son impact sur les factures d'électricité des consommateurs. La gestion de l'entreprise, souvent critiquée, a été sujet à des réformes depuis les années 1990, ayant coûté 7 milliards de shekels (1,9 milliard d'euros) à l'État.
Une réforme visant à rationaliser l'IEC et à libéraliser le marché a échoué, laissant les dépenses salariales s'envoler. En 2022, un rapport d'État stipulait : "Malgré d'énormes investissements, les tarifs de l'électricité ont grimpé, les coupures se sont multipliées, et la réduction d'effectifs n'a pas eu lieu." Au total, seul 1.229 des 1.800 employés prévus pour la retraite anticipée ont quitté l'entreprise, laissant les charges salariales élevées peser sur l'entreprise.
Des salaires supérieurs à la moyenne
L'IEC a été régulièrement pointée du doigt pour ses salaires indécents. Un rapport de la Banque mondiale en 2010 avait déjà établi que les salaires des employés étaient 38 % supérieurs à ceux d'autres entreprises similaires. Un cabinet d'analyse avait mis en lumière en 2015 que les employés de l'IEC étaient payés 159 % de plus que le salaire moyen du pays, incitant à réduire les coûts. Toutefois, le syndicat expliquait que ces rémunérations étaient le résultat de conventions collectives anciennes, surtout pour les employés établis.
Dans l'ensemble, l'inefficacité du secteur public, couplée à des dépenses exorbitantes, continue de faire polémique. Des exemples comparatifs montrent que les ports de Haïfa et d'Ashdod, ainsi que d'autres grandes entreprises publiques, affichent également des salaires très élevés. Les observations de Walla en 2021 avaient déjà mis en avant que les charges salariales représentaient presque 28 % des dépenses totales de l'IEC, une situation inacceptable pour une entreprise qui doit se restructurer.







