Avec plus de 473 000 mètres cubes de déchets plastiques, le procès de Nestlé pour décharges sauvages aux abords de ses établissements des Vosges a été suspendu jusqu'à mardi après-midi à Nancy, suite à l'annulation d'importantes pièces du dossier.
Le tribunal correctionnel, n'ayant pas abordé le fond, a accédé aux requêtes de la défense pour écarter une part significative des éléments à charge, incluant des analyses de microplastiques et des rapports d'experts préalablement commandés par le parquet.
"Il ne reste pas grand-chose" du dossier, a précisé Didier Gastaldi, président du tribunal. Ce dernier a souligné les "irrégularités" et les "biais méthodologiques" significatifs, comme l'a rapporté Me Michèle Anahory, avocate de Nestlé, renforçant ainsi les critiques sur la rigueur de la procédure.
Les accusations concernent notamment la filtration de microplastiques dans les eaux superficielles et souterraines, ce qui aurait des conséquences gravissimes sur l'écosystème aquatique. Les décharges recensées autour de Vittel engendrent la pollution équivalente à plusieurs piscines olympiques.
- Analyses contestées -
Me Christophe Michaud, un autre avocat de Nestlé Waters, a fait valoir que la procédure actuelle ne répondait pas aux attentes d'un procès de cette envergure. Selon lui, la pollution des nappes phréatiques serait une "illusion", soutenue par des analyses, dites "erronées". Il a souligné que trois laboratoires certifiés avaient prouvé l'absence de pollution.
Cependant, les analyses écartées du dossier avaient révélé des "taux exorbitants" de microplastiques, établissant ainsi une tension entre les interprétations des données. "La complexité de la question microplastique nécessite des analyses réalisées dans des normes reconnues", précise la multinationale.
- Appel à une nouvelle expertise -
D'autre part, Me Florence Dole, représentant les parties civiles, a insisté sur l'importance d'une instruction complémentaire pour innover les analyses. Le procureur Amaury Lacôte a également plaidé pour une nouvelle évaluation contradictoire des résultats. Selon Me François Zind, cela est d'autant plus nécessaire après les scandales passés entourant Nestlé.
"Ces imperfections soulignent les limites d'une enquête préliminaire menée par le parquet, qui aurait pu éviter ces problèmes si un juge d'instruction avait été saisi", a déploré Marcel Claude, président de l'association AC!! Anticorruption.
Le procès devrait se prolonger jusqu'à vendredi, avec des débats attendus sur la future direction du dossier.







