La récente décision de Pascal Bolot, préfet de la Moselle, d'autoriser l'ouverture des commerces le Vendredi Saint, suscite une vive controverse. En effet, cette initiative déroge aux traditions locales et aux pratiques suivies par tous ses prédécesseurs. Les syndicats, tels que la CFDT et FO, annoncent déjà leur intention de contester cette mesure qu'ils considèrent comme un affront au droit local.
Le 3 avril prochain, tous les magasins de Moselle pourront donc ouvrir leurs portes, une première depuis les changements apportés en 1989. Traditionnellement, ce jour est férié dans les communes possédant un temple protestant ou une église mixte. Alors que la loi permet aux préfets de déroger à cette règle, personne n'avait pris cette initiative auparavant. Pour Laurence Grisey-Martinez, juriste à l'Institut du droit local Alsacien Mosellan, il s’agit d’un véritable « séisme », soulignant que cette décision serait indicative d’une tendance plus générale vers l’assouplissement des normes en place.
Mais la question se pose : les travailleurs seront-ils prêts à accomplir leur tâche durant ce jour spécifique ? L'arrêté précise qu’ils devront être volontaires, sans obligation d'y participer. Toutefois, plusieurs Mosellans ont partagé des opinions divergentes à ce sujet. Certains se réjouissent de cette possibilité, tandis que d'autres expriment leur tristesse de voir une tradition aussi ancrée remise en question.
Une première depuis 1989, un "bouleversement à l'échelle du droit local"
Les syndicats ont réagi dans un communiqué, dénonçant la décision du préfet qui, selon eux, remet en cause un consensus de 36 ans sur la question de l’ouverture des commerces en ce jour précis. Cette décision pourrait également engendrer des inégalités parmi les salariés, ceux travaillant dans les communes avec un temple protestant bénéficiant, par exemple, de majorations de salaire.
Les syndicats insistent sur le fait que cette décision met à mal la philosophie du droit local, qui privilégie une interdiction générale de travailler lors des dimanches et jours fériés. En réaction, un recours sera déposé auprès du tribunal administratif, et les organisations syndicales demandent à rencontrer le préfet afin d'évoquer les implications de cette mesure.
La situation en Moselle résume bien les défis d'un territoire tiraillé entre traditions et modernité, signalant un tournant potentiellement significatif dans la gestion des jours fériés.







