Trois individus se présentent ce jeudi 29 janvier 2026 devant le tribunal correctionnel de Nantes, accusés d'avoir facilité environ 500 livraisons par drones dans plusieurs prisons de l'Ouest, notamment celle de Nantes. Les résidents, notamment du quartier du Champ de Manœuvre, se disent de plus en plus préoccupés.
Les suspects, deux hommes âgés de 26 et 24 ans ainsi que la mère du premier, sont soupçonnés d'avoir orchestré des livraisons de drogue, téléphones portables et armes blanches. Entre février et décembre 2025, ils auraient mené près de 500 opérations dans diverses prisons de l'Ouest, englobant des départements comme la Loire-Atlantique, le Calvados, et la Sarthe.
Les habitants du secteur font face à des livraisons fréquentes réalisées par ces appareils volants. "Nous apercevons clairement les miradors de la prison depuis notre appartement, à seulement quelques mètres", explique un résident. Un autre, Gérard, se souvient d'une expérience troublante : "Nous avons un jour vu un drone passer, avec un paquet accroché en dessous, avant de le récupérer à un peu plus de 100 mètres." Une dame anonyme témoigne également de drones sillonnant le quartier : "Un jour, j'ai même trouvé un colis tombé d'un drone par accident. Ça fait vraiment peur."
"Un vrombissement étrange"
De nombreux résidents témoignent d'un sentiment de vulnérabilité. Nasser, un père de famille, s'inquiète pour ses enfants : "Un colis pourrait facilement tomber à portée de main, ce n'est pas acceptable dans un quartier où des enfants jouent à l'extérieur." Les nuisances sonores générées par les feux d’artifice, réguliers, renforcent cette angoisse. "Ils se produisent au moins une fois par mois et perturbent le sommeil de nos enfants", ajoute-t-il.
Des rencontres alarmantes
À proximité de là, Anane, une mère, évoque sa peur depuis qu'un drone a survolé l'école maternelle de son enfant : "Nous sommes restés perplexes devant la possibilité qu'un colis tombe et soit ingéré par des enfants. Cela peut être dangereux."
Un défi pour la sécurité pénitentiaire
Pour les surveillants pénitentiaires, ces livraisons de drones constituent un véritable fléau. William Cozic, représentant du personnel, s’inquiète de l’impuissance face à ce phénomène : "Il est presque impossible d’arrêter ces livraisons. Nous récupérons des colis, mais ces efforts sont vains car d'autres arrivent rapidement. Sur un week-end, nous avons saisi un kilo de drogue et une quinzaine de téléphones portables, seulement pour en voir tout autant revenir le soir même."
Les autorités tentent d'intensifier la sécurité des prisons. Le ministre de la Justice a récemment lancé l'opération "zéro portables en prison", visant à renforcer les dispositifs de sécurité dans six établissements, dont certains noueront des travaux pour couvrir les zones où les détenus sont présents.
Les experts évoquent la nécessité de solutions telles que l'installation de barreaudages supplémentaires et de protections sur les cours de promenade pour lutter contre cette menace croissante. Cependant, le défi demeure à grande échelle, tant pour la sécurité publique que pour la tranquillité des riverains.







