En instaurant l’une des plus grandes zones de libre-échange mondiales, l’accord conclu entre l’Union européenne et l’Inde pourrait bouleverser le paysage commercial. Les vins et spiritueux ont de bonnes chances d’en profiter.
Le 27 janvier dernier, un accord marquant entre l’Union Européenne et l’Inde a été signé, ouvrant la voie à une zone de libre-échange regroupant près de 2 milliards de personnes. Cela soulève des questions sur l’impact pour des régions comme l’Occitanie. Les droits de douane sur l'aéronautique, par exemple, vont disparaître, facilitant ainsi la tâche d’entreprises comme Airbus et de nombreux sous-traitants. Dans le même temps, les machines et équipements électriques, qui figurent parmi les principales exportations européennes vers l’Inde, verront leurs droits de douane, qui atteignaient jusqu'à 44 %, entièrement supprimés.
Cependant, dans le secteur viticole, la vraie actualité est liée à l’avenir des exportations de vins et spiritueux. Jusqu'à présent, la France subissait des droits de douane pouvant atteindre les 150 %. Grâce à ce nouvel accord, ces taux devraient diminuer à 75 %, avec des taux pour le vin se situant entre 20 et 30 % et 40 % pour les spiritueux dans les sept prochaines années. Actuellement, les entreprises françaises s’illustre dans le segment haut de gamme, très prisé par la nouvelle classe moyenne en Inde.
Des appellations viticoles dans les verres indiens ?
Le marché indien a présenté un défi de taille pour nos AOP (Appellations d'Origine Protégée), n’ayant pas encore réussi à s’y implanter. En effet, seulement un hectolitre avait été exporté en 2025, contre 256 hl en 2022, plaçant l’Inde comme le 139e pays importateur selon le Conseil Interprofessionnel des Vins du Languedoc. En revanche, sur les onze derniers mois, la France a expédié 5 000 hectolitres de vins pour un chiffre d’affaires atteignant 4 milliards d'euros, avec les champagnes et grands crus en tête.
La tendance est prometteuse, d’autant plus que les barrières douanières commencent à se réduire. Jean-Marie Fabre, président des vignerons indépendants, s'exprime sur cette opportunité : "C’est une super nouvelle ! C’est une opportunité pour notre secteur, une promesse de gagner des parts de marché, comme cela a été fait dans des régions telles que l’Asie du Sud-Est, l’Afrique ou l’Amérique du Sud. Ce nouvel accord nécessite que l’on travaille dur durant les 7 à 8 prochaines années, mais cela ouvre des perspectives excitantes.”







