La police de l'immigration américaine suscite une réaction hostile, même parmi certains soutiens historiques de l'ordre établi. Joe Rogan, podcasteur influent et proche de Donald Trump, a récemment comparé les actions de ces agents à celles de la Gestapo, évoquant une inquiétude grandissante face à des pratiques perçues comme arbitraires et menaçantes.
Ces critiques viennent alimenter le débat autour des méthodes de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement), l'agence responsable de l'application des politiques d'expulsion sous l'administration actuelle. La tragique mort de Renee Good, une femme de 37 ans abattue par un policier de l'immigration à Minneapolis, a amplifié la consternation parmi le public.
Des sondages récents révèlent que 57 % des électeurs désapprouvent les méthodes de l'ICE, une opinion majoritaire parmi les démocrates et les indépendants. En outre, un rapport d'Economist/YouGov montre qu'une majorité, soit 46 %, se prononce même pour la dissolution de l'agence, un chiffre qui dépasse pour la première fois ceux qui soutiennent son maintien.
Joe Rogan s'interroge sur l'absence de limites à l'autorité des agents d'immigration, plaidant pour une remise en question des contrôles d'identité souvent basés sur des apparences ethniques. "Ne devenons-nous pas, au final, la Gestapo, en demandant à chacun de montrer ses papiers?" demande-t-il lors d'un de ses podcasts.
Cette préoccupation n'est pas exclusive aux milieux progressistes, mais s'étend également à certains électeurs modérés et conservateurs. Un commentateur a décrit Rogan comme l'un des électeurs indécis les plus influents aux États-Unis, reflétant une inquiétude croissante face à ces pratiques autoritaires.
En défense des agents d'ICE, Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a insisté sur le fait qu'ils œuvraient pour faire respecter la loi. Cependant, elle a également noté que la rhétorique agressive utilisée à leur égard pouvait alimenter des tensions, conduisant à des violences dans les rues.
Steven Schwinn, professeur de droit à l'université de l'Illinois, souligne que les agents d'immigration ne peuvent appliquer des contrôles d'identité qu'en cas de soupçons justifiés. Cela pose la question de l'immunité dont bénéficient ces agents, récemment défendue par Stephen Miller, un conseiller influent à la Maison Blanche.
Le climat est devenu plus tendu avec un effectif d'agents d'ICE porté à 22 000 professionnels, à comparer à 10 000 l'année précédente. Une enquête menée par Axios indique que même parmi les électeurs de droite, le soutien à l'ICE s'effrite, alors que les méthodes déployées continuent d'être jugées inacceptables par une partie croissante de la population.
Dans ce contexte, le Président semble vouloir maintenir des expulsions de masse tout en évitant que les méthodes utilisées ne nuisent à son image. Ces changements de perception peuvent avoir des implications profondes pour les futures politiques d'immigration, remettant en question les valeurs fondamentales de justice et de respect des droits individuels qui caractérisent la démocratie américaine.







