Le paysage économique français semble préoccupant. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a récemment exprimé son inquiétude sur France Inter à propos de la situation budgétaire du pays, avertissant qu'il ne s'agit pas d'une simple question de faillite mais d'un véritable "étouffement" sous diverses formes. Il a déclaré : "La France ne risque pas la faillite, mais un étouffement à plusieurs dimensions, notamment budgétaire, économique et générationnel. Nous favorisons les seniors au détriment des jeunes, ce qui entraîne des dépenses de retraite croissantes et un déficit persistant."
Pour éviter une détérioration de ce tableau alarmant, Villeroy a plaidé pour un urgent changement de cap : "Il est essentiel de sortir des querelles politiques pour trouver de vrais compromis. Nous avons besoin d'un budget pour 2026 avec un déficit public limité à 5 % du PIB pour ne pas franchir la zone rouge de danger." Il a insisté sur la nécessité de stabiliser les dépenses et d'opter pour une gestion financière prudente.
Les critiques de l'ancien ministre des Finances, Michel Sapin, soulignent également l'importance de mesures fiscales prudentes. "Il est crucial de reconnaître que nous n'avons pas d'argent à perdre pour réduire les impôts, surtout si nous voulons garantir certaines mesures de justice sociale, comme la prorogation de la surtaxe sur les grandes entreprises," a-t-il affirmé dans une interview récente.
Bien que les marchés financiers semblent calmes pour l'instant, Villeroy de Galhau a averti que cela pourrait changer rapidement : "Leur comportement n'est pas toujours prévisible. Nous vivons dans un environnement géopolitique très incertain, ce qui pourrait entraîner des corrections brutales liées à la dérégulation financière aux États-Unis," a-t-il ajouté.
En ce qui concerne les taux du livret A, qui pourraient être revus à la baisse, le gouverneur a précisé que le taux actuel de 1,7 % "resterait significativement supérieur à l'inflation prévue de 0,8 %". Notons que des experts estiment une possible baisse à 1,3 % ou 1,4 % dans les prochains mois.
Enfin, il a encouragé les emprunteurs potentiels, déclarant que "c'est le bon moment" pour un prêt immobilier, avec des taux se maintenant autour de 3,1 % pour les crédits à long terme. Les statistiques montrent en effet une augmentation de 35 % des crédits accordés en comparaison avec l'année précédente, ce qui témoigne d'un regain d'activité sur le marché immobilier.







