Depuis l’adhésion de la Bulgarie à la zone euro début 2023, la Pologne et la Suède, aux côtés de quatre autres pays comme le Danemark et la République tchèque, restent fidèles à leurs devises nationales. La ministre des Finances polonais, Andrzej Domański, a clairement indiqué que l'opinion publique en Pologne penchait pour conserver le zloty. "Nos bonnes performances économiques nous permettent de ne pas envisager l'euro pour l'instant", a déclaré Domański, dont le pays prévoit une croissance de 3,2% pour 2025.
Du côté suédois, l'argument est tout autre. Lors d'un débat parlementaire, la ministre des Finances, Elisabeth Svantesson, a exprimé l'intention de créer une commission dédiée à l’étude de l’adoption de l'euro si sa coalition remportait les élections d’automne, comme rapporté par Dagens Nyheter.
"Une analyse complète des bénéfices et des risques est essentielle, surtout dans le cadre actuel de tensions géopolitiques en Europe", a-t-elle ajouté. Cette critique fait écho aux préoccupations énoncées par d'autres partis libéraux en Suède qui souhaitent un débat parlementaire immédiat sur la monnaie.
Scepticisme suédois face à l’euro
Avec un soutien public relativement faible, une enquête menée par Bloomberg a révélé que seulement 32% des Suédois sont prêts à adopter l'euro, contre 49,5% qui préfèrent conserver la couronne, symbole de souveraineté monétaire.
Alors que certains pays sont légalement contraints d'intégrer l’euro, la Suède fait face à une situation particulière. Après le rejet de l'euro par référendum en 2003, elle n’a jamais initié les démarches nécessaires pour rejoindre l'union monétaire. Le Danemark, quant à lui, bénéficie d’une exemption formelle depuis le traité de Maastricht.
Du côté de l'opposition, le social-démocrate Mikael Damberg a affirmé qu'il ne voyait pas l'intérêt de rouvrir ce dossier pour le moment. Pour lui, une enquête sans un consensus solide pourrait détourner l'attention des enjeux économiques urgents auxquels le pays est confronté.







