Un récent rapport parlementaire français analyse la gestion de la crise des laits infantiles, mettant en exergue des lacunes significatives tant au niveau de l'État que des industriels. Ce document souligne la nécessité de prendre en compte ces insuffisances pour mieux gérer les futures situations d'urgence.
L'affaire a éclaté en décembre 2025, lorsque Nestlé a rappelé plusieurs lots à cause de la détection possible de la céréulide, une toxine dangereuse pour les nouveau-nés, dans de nombreux pays. Par la suite, d'autres entreprises comme Danone et Lactalis ont été contraintes de procéder à des rappels similaires, aggravant la crise.
L'élément déclencheur de cette crise a été l'utilisation d'un ingrédient spécifique — une huile riche en acide arachidonique (ARA) — fourni par un sous-traitant chinois. Les familles et les associations ont critiqué les fabricants pour leur lenteur à agir, tout en blâmant l'État pour son manque de vigilance.
« Cette crise des laits infantiles met en lumière des lacunes qui doivent être impérativement rectifiées pour l'avenir », déclarent les rapporteurs. Mathilde Hignet (LFI-NFP), co-rapporteure, a déclaré à l'AFP que « dès que Nestlé a pris connaissance de la contamination, il a fallu plusieurs jours avant que l'alerte soit donnée aux autorités compétentes ». Elle souligne que cela a mis en danger plusieurs nourrissons, exposés à des produits potentiellement contaminants.
Avec son co-rapporteur Michel Lauzzana (Renaissance), elle questionne les contrôles effectués par le fournisseur chinois et note les moyens limités des agences de régulation, qui reposent de plus en plus sur des auto-contrôles des industriels. Ce manque de supervision est une source d'inquiétude pour la sécurité alimentaire des jeunes enfants.
Les rapporteurs remettent également en question le principe de précaution. Ils suggèrent que tous les lots contenant de l'huile ARA auraient dû être rappelés sans délai, afin d'éviter d'exposer les consommateurs à des risques non évalués.
Une autre critique principale du rapport s'adresse à la lenteur de réaction des autorités sanitaires, avec un délai « inacceptable » d'un mois depuis le début de l'alerte alimentaire jusqu'à l'émission de l'alerte sanitaire. Durant cette période, des nourrissons ont consommé des laits potentiellement dangereux.
Les conséquences de cette crise sur la santé restent encore floues. En France, bien que trois nourrissons aient été signalés décédés après avoir consommé du lait rappelé, les enquêtes ont écarté la responsabilité des produits pour deux des cas.
Pour minimiser les risques à l'avenir, le rapport propose quatorze recommandations, dont le renforcement des critères de sécurité pour les ingrédients, une régulation plus stricte des substances utilisées, ainsi qu'une amélioration des procédures d'alerte pour les produits alimentaires destinés aux enfants. Les rapporteurs plaident également pour une réévaluation du niveau des exigences réglementaires des préparations infantiles, les rapprochant des normes médicales.







