À quelques heures des débats au Sénat sur la fin de vie, la situation des hôpitaux religieux devient critique. Le 20 janvier, trois religieuses ont fait le déplacement à Paris pour exprimer leurs inquiétudes face à un projet de loi qui pourrait les contraindre à accepter l'euthanasie dans leurs établissements.
Arrivées au Sénat, sœurs Marie Foucauld, Agnès et Eulalie Marie, vêtues de leurs voiles symboliques, ont été accueillies avec respect. Accompagnées du directeur du Centre européen pour le droit et la justice, Grégor Puppinck, elles ont précisé leur intention : défendre la dignité de leurs services hospitaliers tout en respectant leur éthique. Selon un rapport de Valeurs Actuelles, le texte proposé par le député Olivier Falorni comporte des sanctions lourdes pouvant atteindre deux ans de prison et 30 000 euros d'amende pour les directeurs d'hôpitaux qui s'opposeraient à l'euthanasie.
La sénatrice LR de Moselle, Catherine Belhriti, a témoigné de sa préoccupation pour ces institutions, qui ont longtemps joué un rôle essentiel dans le système de santé français. Elle a déclaré : "Sachez que la société appelle au choix. Nous devons trouver un équilibre entre les droits des patients et la liberté des établissements de santé." Ces remarques soulignent une tension croissante autour du droit à la vie et des choix individuels en matière de fin de vie.
Sœur Marie Foucauld, qui exerce en tant que médecin, a insisté sur le fait que la loi ne doit pas priver les congrégations de leur capacité à offrir des soins palliatifs. "Nous craignons que l'absence de protections adéquates ne conduise à la fermeture d'établissements historiques", a-t-elle averti. En effet, des établissements comme le leur ont été des piliers du système de soins palliatifs, offrant une approche humaine qui prend en compte la souffrance des patients.
Cette réunion a également mis en lumière l'angoisse des religieuses par rapport à la pression qui s'exerce sur les personnes âgées dans un contexte médical de plus en plus technologique. "Les médecins sont formés pour soigner, non pour provoquer la mort", a ajouté Sœur Agnès, évoquant la crainte que l'euthanasie puisse devenir une alternative plus fréquente face à des situations de souffrance prolongée.
La complexité du sujet est accentuée par la nécessité de protéger les valeurs éthiques des établissements et des travailleurs de la santé, tout en répondant aux attentes sociétales croissantes concernant le droit à une mort choisie. En consultant plusieurs experts, notamment ceux du Centre pour l’Éthique de la Vie, il est apparu que des amendements visant à renforcer la clause de conscience seraient cruciaux pour les institutions hospitalières.
Alors que la discussion se poursuit, la mobilization des religieuses et de leurs soutiens pourrait influencer le débat et les décisions qui en découleront. Leurs voix résonnent comme un appel à la dignité et à la liberté des choix au sein du paysage médical français, où des valeurs traditionnelles se heurtent à des évolutions législatives rapides.







